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lundi 22 avril 2013

Des trous dans les godasses


Les godasses, elles trouvent jamais leur place en dehors du pied. Quand on se déchausse, on les range, on les planque, c’est pour ça qu’il existe des meubles à chaussures, ou on les relègue dans un coin, on les baratte sous un meuble, on les envoie en périphérie. Une chaussure au milieu d’une pièce, on se prend les pieds dedans.
Sans doute, parce que c’est l’objet qui nous raccroche au sol, à la terre, à notre pesanteur, à notre propre contrainte, outre les fétichistes, c’est un des objets les moins respecté de notre petit monde matériel.

Des pompes qui traînent ça fait toujours désordre. Sans doute parce que c’est le vêtement, quand il est hors de sa fonction, le plus informe qui soit : deux masses disgracieuses, cabossées, tannées, parfois crottées, des languettes, des lacets nonchalamment défaits, deux bouches béantes.
Ce volume ne s’accorde pas avec l’environnement orthonormé et tramé composé par l’espace de l’habitat : les murs, les coins, les meubles, les plinthes, les lattes de parquet, la trame d’un carrelage …

Dans ce décor, elles dévoilent leur creux, découpent deux formes noires, comme deux yeux qui nous regardent. Elles exposent leur profondeur indéterminée, insondable, comme si elles creusaient un trou dans l’espace de la pièce, l’élargissant de deux petits appendices. 






Texte et croquis de Là

samedi 16 mars 2013

La plage, ou l’épiderme des terres

Sur la plage (malgré le terme qui renvoie plutôt à l’idée de surface, de plan, de largeur) tout est lignes, strates, plis. Les stries que la mer creuse sur le sable à son passage, les lignes ondulantes qu’elle forme en déversant en nuée coquillages, algues brunes et autres déchets, les chemins côtiers, les digues, les pontons, les passerelles, les ganivelles et autres clôtures, la ligne d’horizon, sont autant d’éléments qui composent cette environnement graphique filaire, qui semble précaire et fragile.
La mer informe, mouvante, massive et lourde fait face à ce petit jeu frénétique de hachures et de traits, comme une tentative vaine et émouvante de l’espace terrestre de matérialiser et sauvegarder ses propres limites. Le monde tellurique semblent ainsi déployer une série de contours, qui se précipitent sur le rivage, se superposent et s’accumulent, pour densifier et réaffirmer leur frontière. Tandis que, les léchant, les chatouillant, les repoussant, la mer, avec flegme, indifféremment dans son mouvement, vient se jouer de ces vaines clôtures.

Texte de Là



 




Croquis de Là

mercredi 11 avril 2012

Série 21x29,7 2004 et 22x14,5 2004

Il s’agit d’une production plastique qui traite du visage comme d’une topographie.
Les titres renvoient à la dimension du format, comme un espace délimité et concret qui contient des fragments de représentations du visage.
L’expressivité ou le sentiment sont ôtés de cette représentation du visage, pour le présenter dans sa réalité matérielle, malléable, déformable et changeante.
La bouche et les dents en sont des figures récurrentes, exposé comme une ouverture, un trou béant vers l’intérieur du corps, qui permet de dépasser la surface et la superficialité du visage.




Série 21x29,7 2004 de Là






Série 22x14,5 2004 de Là